6e Dim  

6e Dim  

Esprit

Aujourd’hui encore, l’extrait des actes des apôtres, nous fait découvrir comment la bonne nouvelle de l’Évangile s’est répandue. Malgré les persécutions et la mort du diacre Etienne, la croix du Christ porte des fruits qui demeurent. Le diacre Philippe est envoyé en Samarie, non pour se cacher, mais pour y prêcher. Or, il faut se rappeler que la Samarie était une région méprisée par les juifs pieux qui considéraient les Samaritains comme des infidèles au Dieu d’Israël. Mais touchés par la grâce, beaucoup se convertissent et demandent le baptême. C’est une Pentecôte pour les samaritains.

  1. Quelles sont les qualités du diacre Philippe :
  2. C’est un homme « estimé de tous, rempli/plein d’Esprit Saint et de sagesse », puisque c’est sur ces trois critères que les sept diacres ont été choisis par la communauté (Actes 6, 3).
  3. Philippe un défricheur, il est le premier, avant les Douze, à s’aventurer en territoire hostile. C’est comme Mère Térésa dans les bidonvilles de Calcutta ou Don Bosco dans les quartiers malfamés de Turin.  
  4. Philippe sait que le démon égare par la magie et la superstition. Il se démène pour arracher les foules des mains de Simon le Magicien qui les subjuguait.
  5. Il est humble, il ne s’attache pas les foules, il laisse Pierre et Jean continuer son œuvre et il poursuit sa route. Il ne s’installe pas.
  6. Il est docile aux motions de son ange gardien qui lui dit : « prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » (Actes 8, 26) et de l’Esprit Saint qui lui dit : « Approche et rejoins ce char. » (Actes 8, 29).
  7. Il faut l’Esprit saint pour arracher les croyances magiques de nos cœurs

Dans le passage de ce dimanche, il manque 5 versets (Ac 8, 9-13). Il y est question de l’importance que les Samaritains accordent dans un premier temps à un certain Simon le Magicien, puis à Philippe. Le texte précise : « ils crurent Philippe » (Ac 8,12) comme ils crurent Simon le Magicien. Or être chrétien, ce n’est pas changer de thaumaturge, de guérisseur ou de gourou ! C’est s’attacher à Jésus avec une foi droite. Dans notre parcours de vie, il nous arrive parfois de nous attacher à telle personne, à tel prêtre ou religieuse, qui a une aura charismatique. Ce n’est pas négatif en soi, mais le but est de grandir, de passer d’une relation trop affective et parfois magique à une foi plus mature, à Christ et à l’Eglise. Lorsque Pierre et Jean, imposent les mains, l’Esprit Saint aident les convertis à s’ouvrir à la dimension catholique – universelle de l’Eglise. L’Esprit St purifient leur foi encore trop marquée dans des superstitions et des croyances magiques et dans leur attachement trop personnel à Philippe.

  •  L’incompatibilité entre la foi dans le Christ et la magie

A trois reprises dans les Actes des Apôtres, nous découvrons qu’au fur et à mesure du travail de l’Esprit saint dans les cœurs, apparaissent des personnes corruptrices, directement inspirées par Satan : Simon le Magicien, le mage Elymas et une jeune servante qui était possédée par un esprit de divination (8, 9 ; 13, 8-11 et 16, 16). Dans sa catéchèse du 4 décembre 2019, le pape François rappelle un principe fondamental oublié par beaucoup de catholiques : « Si tu choisis le Christ, tu ne peux pas avoir recours au magicien : la foi est un abandon confiant entre les mains d’un Dieu fiable qui se fait connaître, non à travers des pratiques occultes, mais par une révélation et un amour gratuit. (…) Je vous le demande : combien de vous vont se faire lire les lignes de la main ou les cartes ? (…) Mais comment se fait-il, si tu crois en Jésus Christ, que tu ailles chez le magicien, chez le devin, chez tous ces gens ? » Je vous en prie : la magie n’est pas chrétienne ! Ces choses que l’on fait pour deviner l’avenir ou deviner tant de choses ou changer une situation de vie, ne sont pas chrétiennes. La grâce du Christ t’apporte tout : prie et remets-toi au Seigneur ! »

Frères et sœurs, de la même manière que lorsque Jésus entrait dans certaines régions, les esprits impurs se dévoilaient et parlaient à travers les possédés, de la même manière, st Luc nous montre que la puissance de l’Esprit saint est en mesure de libérer de tout lien ceux qui étaient sous le contrôle de Satan. Simon le Magicien s’estimait être un grand personnage. Par les pratiques occultes, il cherchait à mettre sous son contrôle les Samaritains et acceptait volontiers la vénération des foules. Philippe, lui, mettait Jésus au premier plan. Il s’effaçait devant Celui qu’il annonçait et ne s’était pas laissé aveugler par la magie et la science de Simon.

Simon demanda lui aussi le baptême. Comme les magiciens de Pharaon en Egypte face à Moïse (Exode 8, 14-15), il dut reconnaître que la puissance de Dieu agissant par son messager Philippe dépassait de loin la sienne. Mais la foi de Simon ne fut pas assez pure : il voulut acheter la puissance des serviteurs de Dieu. Sa foi était sans fondement solide, parce qu’elle était uniquement basée sur des signes, des sentiments et des expériences. Or l’apôtre Paul nous dit : « La foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ » (Rm 10, 17).

  • Le discernement des esprits :

La découverte de ce que Simon le magicien était un faux disciple n’a pas été donnée à Philippe. C’était réservé aux apôtres Pierre et Jean lorsqu’ils vinrent en Samarie. Dans l’épître aux Corinthiens, Paul énumère une série de charismes, dont celui de « discernement des esprits ». C’est le don de reconnaître quel esprit anime quelqu’un qui parle ou agit. Le chapitre 8 des Actes nous montre que ce don n’est pas donné à tous.

« Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde. Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu. Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu » (1 Jn 4,1-3).

Il y a des serviteurs du Seigneur qui ont un discernement particulier pour ces problèmes. Nous devrions écouter leur jugement et ne pas être trop sûrs de nous dans ces domaines si délicats. Le Seigneur en ce sens nous rend dépendants les uns des autres. C’est une bonne chose, cela nous maintient petits à nos propres yeux.

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