31e Dim TO – C
- Le sycomore est un figuier sauvage qui n’est pas entretenu mais qui a l’avantage de présenter un bel ombrage. L’arbre est mentionné lors de la rencontre de Jésus avec Nathanaël (Jean 1, 48-51). Ce dernier est surpris de voir que Jésus le connaît. Et Jésus de lui répondre : « Je t’ai vu sous le figuier » sous-entendu, – Je t’ai vu méditer la Parole de Dieu. C’est le lieu idéal pour se rassembler, discuter, méditer. C’est le côté positif de cet arbre.
Mais l’arbre a aussi un aspect beaucoup moins sympathique. Dans la littérature antique, on appelle le sycomore : le figuier fou ou l’arbre des fous parce qu’il est constitué d’un réseau très dense de branches basses qui partent à l’horizontale et qui vont absolument dans tous les sens. « Être sous le sycomore » c’est très bien comme pour Nathanaël, mais « être dans le sycomore » comme pour Zachée, ce n’est pas bon du tout, c’est comme être enfermé dans une prison végétale car le sycomore était associé à la folie. Quelle pourrait être la prison dans laquelle Zachée est enfermé ?
- Le regard des autres et leurs moqueries liés à sa petite taille
- Sa situation professionnelle qui le place entre le marteau de l’Empire romain avec lequel il collabore en prélevant l’impôt pour l’Empereur et l’enclume du peuple qui le hait profondément
- La dureté de son cœur : au fond, Zachée se moque bien de ce que les autres pensent de lui, l’essentiel est qu’il prenne une revanche sur la vie et qu’il s’enrichisse
- A tous ceux qui sont dans leur sycomore, osons proclamons l’aujourd’hui du salut : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison ! »
Quels sont les Zachée dans notre entourage ? Les personnes dont on a beaucoup de mal à imaginer qu’elles se convertiront ? Au sujet de qui sommes-nous portés à perdre espoir ?
- Cette nièce qui enchaine les conquêtes amoureuses et qui n’arrive pas à se stabiliser affectivement ?
- Ce petit-fils qui va d’une cure de désintoxication à l’autre,
- Ce gendre qui à cause de son divorce pourrit la vie de toute la famille,
- Cet oncle qui n’arrive jamais à quitter un repas de famille sans être éméché ou cette cousine insensible à la foi,
Combien de fois nous ne perdons-nous pas espoir pour nos proches, nos parents, nos frères et sœurs de sang ou des enfants. Mais aussi des personnes qui s’opposent ouvertement à l’Église : des intellectuels de notre société, des politiques, des artistes, les athées, les indifférents, ou toutes ces personnes qui ont grandi dans une société chrétienne, en allant dans une école privée, en faisant leurs communions, mais qui ont par la suite rejeté l’Évangile. Par moment, il nous arrive de les considérer impossibles à sauver !
- Le bon berger cherche lui-même ses brebis perdues : «Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Ouf, se disent certains : le salut des perdus ne dépend pas de moi. Heureusement, Jésus s’en charge personnellement. Penser ainsi n’est pas très juste. Voici deux erreurs à éviter :
- La première erreur, c’est de se dire : Si Jésus prend lui-même l’initiative de s’inviter dans la vie des personnes à sauver, cela me dédouane de devoir parler de ma foi ou de chercher à convaincre qui que ce soit. Or l’évangéliste Luc nous montre dans les Actes des Apôtres que l’apôtre Paul cherchait de toutes ses forces à convaincre ses auditeurs juifs que Jésus est bien le Messie annoncé. Oui, Jésus cherche lui-même ses brebis perdues, mais il le fait en utilisant toute notre énergie, notre zèle et la cohérence de notre témoignage de vie.
- 2. La seconde erreur, c’est de penser que le salut arrivera de façon magique ou peut-être de nulle part dans la vie des gens. Dieu s’est servi du parcours de vie de Zachée, de sa petite taille, de son poste de chef – et de tout ce que ce poste avait entraîné dans sa vie, y compris et le mépris des gens – pour l’attirer à Jésus. Aujourd’hui encore, Dieu se sert des circonstances particulières de chacun :
- Les enfants dont la démarche de foi entraine par moment celle des parents
- Les problèmes de couple qui obligent à réfléchir sur les priorités
- Les difficultés financières qui permettent parfois de simplifier son train de vie
- L’instabilité sociale et la peur du futur qui caractérise notre époque anxiogène
- La maladie qui oblige à s’arrêter et à envisager le pire et donc à faire le point
- La mort d’un proche qui nous rappelle que nous ne sommes pas éternels
Etonnement, lorsque Jésus dit à Zachée « descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison », Zachée accueille cet ordre avec joie. Lui qui est habitué à donner des ordres et non à en recevoir aurait pu se vexer : « oh, oh, comment ça, vite. Personne ne me donne des ordres ici, c’est moi qui commande ». Parfois dans notre vie spirituelle, il y a des appels de Dieu qui nous dérange. Ils nous froissent dans notre fierté parce que Dieu nous sort de nos habitudes. Lorsque nous laissons de côté notre fierté, nous devenons plus humbles et c’est à partir de là que Jésus peut agir. Quel est mon piédestal d’où je dois m’abaisser pour rencontrer Jésus ?
- La grâce du ruissellement
Je constate parfois des paroissiens qui sont toujours sur la défensive quand quelque chose de nouveau leur est proposé sur le plan spirituel, parce qu’ils ont peur de devoir changer. Un prêtre me disait un jour : « j’aime bien faire une retraite spirituelle, mais pas trop souvent, sinon, il faudrait que je me convertisse ». Nous avons peur qu’en faisant une vraie rencontre avec Jésus, il nous fixe des objectifs plus hauts, plus nobles, plus beaux. Et nous, nous voulons juste rester dans la moyenne. Suite à sa conversion, il n’est pas dit que Zachée a changé de métier, mais il est certain qu’il l’a exercé avec plus de droiture et d’honnêteté. Il a probablement perdu des amis, mais par ses bonnes actions, il s’est fait des amis pour le ciel. Probablement que sa conversion a transformé son couple, ses rapports humains avec ses serviteurs et avec les autres publicains. Il y a eu une grâce de ruissellement comme lorsqu’un pardon est donné après un divorce, permettant ainsi à toute la famille se retrouver. Oui, « Parce que le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu, aujourd’hui, encore le salut peut arriver dans ta maison ».
31e dimanche du TO – C
- Le sycomore est un figuier sauvage qui n’est pas entretenu mais qui a l’avantage de présenter un bel ombrage. L’arbre est mentionné lors de la rencontre de Jésus avec Nathanaël (Jean 1, 48-51). Ce dernier est surpris de voir que Jésus le connaît. Et Jésus de lui répondre : « Je t’ai vu sous le figuier » sous-entendu, – Je t’ai vu méditer la Parole de Dieu. C’est le lieu idéal pour se rassembler, discuter, méditer. C’est le côté positif de cet arbre.
Mais l’arbre a aussi un aspect beaucoup moins sympathique. Dans la littérature antique, on appelle le sycomore : le figuier fou ou l’arbre des fous parce qu’il est constitué d’un réseau très dense de branches basses qui partent à l’horizontale et qui vont absolument dans tous les sens. « Être sous le sycomore » c’est très bien comme pour Nathanaël, mais « être dans le sycomore » comme pour Zachée, ce n’est pas bon du tout, c’est comme être enfermé dans une prison végétale car le sycomore était associé à la folie. Quelle pourrait être la prison dans laquelle Zachée est enfermé ?
- Le regard des autres et leurs moqueries liés à sa petite taille
- Sa situation professionnelle qui le place entre le marteau de l’Empire romain avec lequel il collabore en prélevant l’impôt pour l’Empereur et l’enclume du peuple qui le hait profondément
- La dureté de son cœur : au fond, Zachée se moque bien de ce que les autres pensent de lui, l’essentiel est qu’il prenne une revanche sur la vie et qu’il s’enrichisse
- A tous ceux qui sont dans leur sycomore, osons proclamons l’aujourd’hui du salut : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison ! »
Quels sont les Zachée dans notre entourage ? Les personnes dont on a beaucoup de mal à imaginer qu’elles se convertiront ? Au sujet de qui sommes-nous portés à perdre espoir ?
- Cette nièce qui enchaine les conquêtes amoureuses et qui n’arrive pas à se stabiliser affectivement ?
- Ce petit-fils qui va d’une cure de désintoxication à l’autre,
- Ce gendre qui à cause de son divorce pourrit la vie de toute la famille,
- Cet oncle qui n’arrive jamais à quitter un repas de famille sans être éméché ou cette cousine insensible à la foi,
Combien de fois nous ne perdons-nous pas espoir pour nos proches, nos parents, nos frères et sœurs de sang ou des enfants. Mais aussi des personnes qui s’opposent ouvertement à l’Église : des intellectuels de notre société, des politiques, des artistes, les athées, les indifférents, ou toutes ces personnes qui ont grandi dans une société chrétienne, en allant dans une école privée, en faisant leurs communions, mais qui ont par la suite rejeté l’Évangile. Par moment, il nous arrive de les considérer impossibles à sauver !
- Le bon berger cherche lui-même ses brebis perdues : «Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Ouf, se disent certains : le salut des perdus ne dépend pas de moi. Heureusement, Jésus s’en charge personnellement. Penser ainsi n’est pas très juste. Voici deux erreurs à éviter :
- La première erreur, c’est de se dire : Si Jésus prend lui-même l’initiative de s’inviter dans la vie des personnes à sauver, cela me dédouane de devoir parler de ma foi ou de chercher à convaincre qui que ce soit. Or l’évangéliste Luc nous montre dans les Actes des Apôtres que l’apôtre Paul cherchait de toutes ses forces à convaincre ses auditeurs juifs que Jésus est bien le Messie annoncé. Oui, Jésus cherche lui-même ses brebis perdues, mais il le fait en utilisant toute notre énergie, notre zèle et la cohérence de notre témoignage de vie.
- 2. La seconde erreur, c’est de penser que le salut arrivera de façon magique ou peut-être de nulle part dans la vie des gens. Dieu s’est servi du parcours de vie de Zachée, de sa petite taille, de son poste de chef – et de tout ce que ce poste avait entraîné dans sa vie, y compris et le mépris des gens – pour l’attirer à Jésus. Aujourd’hui encore, Dieu se sert des circonstances particulières de chacun :
- Les enfants dont la démarche de foi entraine par moment celle des parents
- Les problèmes de couple qui obligent à réfléchir sur les priorités
- Les difficultés financières qui permettent parfois de simplifier son train de vie
- L’instabilité sociale et la peur du futur qui caractérise notre époque anxiogène
- La maladie qui oblige à s’arrêter et à envisager le pire et donc à faire le point
- La mort d’un proche qui nous rappelle que nous ne sommes pas éternels
Etonnement, lorsque Jésus dit à Zachée « descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison », Zachée accueille cet ordre avec joie. Lui qui est habitué à donner des ordres et non à en recevoir aurait pu se vexer : « oh, oh, comment ça, vite. Personne ne me donne des ordres ici, c’est moi qui commande ». Parfois dans notre vie spirituelle, il y a des appels de Dieu qui nous dérange. Ils nous froissent dans notre fierté parce que Dieu nous sort de nos habitudes. Lorsque nous laissons de côté notre fierté, nous devenons plus humbles et c’est à partir de là que Jésus peut agir. Quel est mon piédestal d’où je dois m’abaisser pour rencontrer Jésus ?
- La grâce du ruissellement
Je constate parfois des paroissiens qui sont toujours sur la défensive quand quelque chose de nouveau leur est proposé sur le plan spirituel, parce qu’ils ont peur de devoir changer. Un prêtre me disait un jour : « j’aime bien faire une retraite spirituelle, mais pas trop souvent, sinon, il faudrait que je me convertisse ». Nous avons peur qu’en faisant une vraie rencontre avec Jésus, il nous fixe des objectifs plus hauts, plus nobles, plus beaux. Et nous, nous voulons juste rester dans la moyenne. Suite à sa conversion, il n’est pas dit que Zachée a changé de métier, mais il est certain qu’il l’a exercé avec plus de droiture et d’honnêteté. Il a probablement perdu des amis, mais par ses bonnes actions, il s’est fait des amis pour le ciel. Probablement que sa conversion a transformé son couple, ses rapports humains avec ses serviteurs et avec les autres publicains. Il y a eu une grâce de ruissellement comme lorsqu’un pardon est donné après un divorce, permettant ainsi à toute la famille se retrouver. Oui, « Parce que le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu, aujourd’hui, encore le salut peut arriver dans ta maison ».