Charles de Foucauld
Un homme qui a voulu imiter Jésus
1er jour
Charles de Foucauld est né à Strasbourg en 1858. Il est baptisé 2 jours après sa naissance. Sa maman, très pieuse, prie avec lui matin et soir. A l’âge de 6 ans, il perd ses parents. Son grand-père le colonel de Morlet va s’occuper de lui et de sa petite sœur Marie, qui sera pour lui une grande amie.
La guerre de 1870 entre la France et la Prusse force la famille à passer en Suisse, et la guerre finie, ils se fixent à Nancy.
Charles est un enfant doué, mais difficile. En grandissant, il donne beaucoup de soucis à son grand-père. Il est dissipé à l’école, parfois insolent ou violent. « Tu as un cœur en or dit son grand-père, tâche de t’en servir.
De mauvaises lectures viennent empoisonner son esprit et son cœur… plus de prières, plus de sacrements, et bientôt il ne croit plus en Dieu et se moque de la religion.
A l’âge de 18 ans, il est admis à la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr. Mais il ne pense qu’à s’amuser et il est paresseux. Parfois, il se fait porter malade, pour rester plus longtemps au lit.
Voilà que son régiment part pour l’Algérie. A peine arrivé là-bas, il se fait mettre en non-activité et rentre en France. Mais bientôt Charles s’ennuie… et lorsqu’il apprend que là-bas, ses camarades se battent, son honneur se réveille. Il demande à rejoindre son régiment. Adieu paresse, bals et bon repas, Charles de Foucauld dort à la belle étoile ; il se prive pour ses camarades et devient très vite un chef.
En Algérie, il est très marqué par la ferveur religieuse des musulmans. Et lorsqu’il rentre en France à l’âge de 24 ans, ce n’est plus le même homme.
La paix rétablie, il décide d’explorer le Maroc, jusque-là inconnu. Mais seuls les Juifs ont le droit d’y entrer à cause de leur commerce. Charles se fera passer pour Juif. Il apprend la langue, les usages, dresse le plan de son exploration, prend un compagnon de route, Mardochée, un Juif authentique. Pendant onze mois, Charles va faire du bon travail. Sa tâche achevée, il rentre en France, chargé de nombreux documents sur ce pays.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2,13-17)
Après avoir guéri le paralytique, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Pour comprendre la parole de Dieu :
- Lévi était un publicain, tout comme Zachée, c’est-à-dire un collecteur d’impôts. Pour le peuple juif, Lévi était considéré comme impur car il travaillait avec l’ennemi Romain et était considéré comme un voleur. En effet, dans la Loi Juive, certains actes comme voler, tuer, côtoyer des étrangers, rendait les gens impurs. Il fallait donc éviter Lévi.
- Jésus aurait dû éviter Lévi. Pourtant, il fait l’inverse. Il l’appelle, entre dans sa maison et partage un repas avec lui. En faisant cela, c’est comme s’il approuvait la vie des publicains et des pécheurs. Et ils sont nombreux à venir Le voir.- Alors, les scribes qui n’aiment pas beaucoup Jésus, sont choqués.Peut-être qu’il existe des gens que toi aussi tu ne veux pas côtoyer, avec lesquels tu ne veux pas jouer ou pas parler. Peut-être que dans ta classe, quelqu’un est mis de côté.
- Jésus nous invite à passer au-dessus des frontières humaines. Pour lui, chaque homme est important, chacun a de la valeur, chacun compte aux yeux de Dieu. En chaque homme, il y a comme un trésor à mettre en valeur ! Pour réveiller Lévi, pour que sa grandeur s’épanouisse comme un soleil, Jésus n’hésite pas à partager l’intimité d’un repas avec lui.
- C’est ce qui est arrivé à Charles de Foucauld, lui qui n’était pas sérieux et ne pensait qu’à s’amuser, va devenir un bon chef, soucieux de ses hommes. Ses qualités vont refaire surface. Un peu plus tard, il ouvrira son cœur à Jésus qui l’appelait. Il a découvert l’amour infini de Dieu et cherchera à imiter le Christ, en devenant simple moine. Bientôt il sera saint.
2ème jour
Charles de Foucauld se pose beaucoup de questions sur Dieu. Mais qui est le vrai Dieu ? Celui des musulmans ou celui des chrétiens ? Il cherche la vérité, se demande si Dieu existe vraiment. Il fait souvent cette prière : « Seigneur si Tu existes, fais que je te connaisse.
Un jour, Charles entre dans l’église saint Augustin de Paris. Il aperçoit l’abbé Huvelin qu’il a déjà rencontré chez une cousine.
– « Monsieur l’abbé, je n’ai pas la foi, je voudrais vous poser des questions sur Dieu. »
– « Mettez-vous à genoux, confessez-vous à Dieu et vous croirez ! »
Charles est très surpris par cette réponse, mais il sent une grande bonté chez ce prêtre. Alors il s’agenouille et fait une grande confession de toute sa vie. Charles est bouleversé, il découvre alors la miséricorde et l’amour de Dieu. Il a ouvert son cœur à Jésus, et Jésus y est entré. L’abbé Huvelin lui donne ensuite la communion. La puissance du pardon de Dieu change sa vie.
Quelques mois plus tard, il part sur les pas de Jésus en Terre Sainte. Ce pèlerinage le bouleverse. Il passe de longs moments à prier sur les lieux qui ont marqué la vie du Christ. Il se sent appelé à la vie religieuse et choisit le couvent de France le moins confortable : Notre-Dame-des-neiges en Ardèche. Avant de partir, il distribue tous ses biens. Il veut ressembler à Jésus. Puis il part dans un couvent en Syrie où les conditions de vie sont encore plus rudes.
Mais il sent que le Seigneur l’appelle à une vie encore plus cachée, encore plus pauvre, encore plus humble. Il ne veut surtout pas vivre plus à l’aise que Jésus. C’est ainsi qu’après 7 ans comme moine, il va s’installer à Nazareth pour y mener une vie plus simple, comme celle de Jésus. Il travaille comme jardinier chez des religieuses, dort dans une minuscule cabane à outils dans le jardin. Il se lève tôt et prie beaucoup.
Parole de Dieu (Luc 21, 1-4) Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Prière : Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez à donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à nous dépenser, sans attendre d’autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté. (Prière scout)
Pour comprendre la Parole de Dieu

– Au temps de Jésus-Christ, les offrandes étaient recueillies au Temple dans des conteneurs avec des ouvertures au sommet.
– Sur le dessin, nous voyons (en bas, à gauche) Jésus, avec quelques apôtres, assis dans le Temple, en face de la salle du trésor. Ils observent les personnes qui déposent leurs offrandes dans le tronc.
Beaucoup de gens riches y mettent des bourses entières, de grosses sommes ! Ils cherchent à se faire voir et admirer pour leur générosité.
Au milieu de ce groupe de gens riches, une veuve vêtue pauvrement, vient vers le grand récipient, Jésus la voit : elle dépose deux pièces d’argent. Ce n’était pas beaucoup d’argent, mais c’était tout l’argent qu’elle avait. C’est comme si elle avait donné 2 centimes d’euro.
– Mais Jésus, Lui, voit au fond des cœurs : Alors Il appelle ses disciples car il voudrait leur faire comprendre qu’il ne faut pas juger sur les apparences et ne pas chercher à se faire valoir pour « paraître » mieux que nous ne sommes réellement…
Ce n’est pas ce qui se voit qui a de la valeur aux yeux de Dieu : Il juge d’après le fond du cœur, jamais sur les apparences.
- Ce que Jésus nous demande, c’est d’avoir un cœur pur, une foi vraie, une confiance totale. C’est l’exemple Charles de Foucauld. Il a tout donné, tout quitté pour vivre comme le plus petit ouvrier, et son cœur a été comblé.
3e jour
Devenir prêtre , tel est le maintenant le désir de Charles. Il pourrait célébrer la messe aux religieuses chaque jour. Pour cela, il rentre en France afin de se préparer. Il est ordonné prêtre le 9 juin 1901. Charles a 42 ans, il est heureux car il va pouvoir apporter Jésus-hostie dans les contrées les plus sauvages.
Il repart en Algérie, emportant avec lui des caisses contenant le nécessaire pour célébrer la messe, un seau et une corde pour puiser de l’eau et de la toile pour faire des tentes.
Il s’installe dans le désert du Sahara, là où il n’y avait aucun prêtre pour dire la messe. Il y construit une chapelle. Le toit est fait de branches de palmier. Il s’habille d’une tunique blanche ornée d’un Sacré-cœur rouge surmonté d’une croix.
Charles réserve toujours un bon accueil à ceux qui viennent le voir. Un jour, il ouvre la porte et voit une femme avec son bébé qui lui demande de la nourriture. Des mendiants, des esclaves lui demandent du secours. Il aide tout le monde.
Un jour l’évêque lui parle des Touaregs, chez qui aucun prêtre ne peut vivre car cela est trop dangereux. Charles demande à s’installer au milieu d’eux.
Mais la guerre arrive et un jeune homme qu’il avait aidé, arrive chez lui avec des rebelles. Ils prennent Charles qui se laisse ligoter sans se défendre. Puis on entend une fusillade : ce sont deux militaires français qui venaient saluer Charles. Pris de panique, un rebelle pose son fusil sur la tête du prêtre et le tue.
La vie de Charles portera beaucoup de fruits après sa mort. Des communautés religieuses se créent avec des prêtres et des laïcs qui aujourd’hui encore, veulent suivre son exemple. Charles de Foucauld a été déclaré « Bienheureux » en novembre 2005 et le 15 mai prochain, il sera canonisé.
Evangile du jour de la fête du Bienheureux Charles de Foucauld
Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. (Jean 15, 9-16)
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
Pour comprendre la Parole de Dieu
Sur le dessin, nous voyons Jésus avec ses disciples. Il leur parle avec tendresse. Il entoure de ses bras, dans un grand geste d’affection, les deux qui sont les plus proches de Lui. Ce qu’Il dit est très important : Il leur recommande de toujours demeurer dans son amour.
Dieu nous aime et Il veut nous faire entrer dans la communion d’amour des trois Personnes divines. C’est par le baptême, en devenant enfants de Dieu, que nous entrons dans cette communion d’amour. Mais il faut en être dignes : c’est pourquoi le grand commandement de Jésus, c’est de s’aimer les uns les autres : c’est à ce signe qu’on reconnaît les amis de Jésus.
« Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » L’amour que Jésus a eu pour nous, jusqu’à donner sa vie sur la croix est le modèle de ce que nous devons faire pour aimer les autres.
Charles de Foucauld a cherché à imiter Jésus, en particulier en aimant comme Lui. C’est la prière qui a fait grandir en lui l’amour pour Jésus et son prochain. A chaque instant on venait frapper à sa porte. « Quand un pauvre, un malade frappe à la porte, c’est à Jésus que je cours ouvrir… je suis sans cesse en Sa présence. » « Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel… » disait-il.
Il n’y a que Dieu qui puisse nous rendre capable d’aimer les autres. Cette grâce, il faut la demander.
Avec le Bienheureux Charles de Foucauld, demandons au Seigneur de faire grandir en nous la foi et l’amour