28e Dim du TO B
Ce dimanche, je vous invite à réfléchir aux rencontres faites durant notre vie qui nous ont permis de nous construire. Ce que nous sommes, nous le devons en grande partie aux autres : en les imitant, en prenant d’eux certains aspects de leur personnalité qui nous plaisent : leurs goûts, leurs attraits, les passions qu’ils nous ont transmises : le foot, le travail du bois, le goût de la marche, du travail bien fait, le dessin, la musique etc. Mais il y a aussi le travail intérieur fait grâce à nos lectures. Tout notre environnement nous aide à nous bonifier ou peut contribuer à nous détruire : c’est ce qu’on appelle les bonnes ou les mauvaises fréquentations qui peuvent parfois devenir toxiques. Veillons sur nos rencontres, elles sont capitales elles nous orientent vers le meilleur ou vers le pire.
Aujourd’hui, l’évangile nous parle d’une rencontre magnifique entre un jeune homme qui a de grand désir et Jésus. Ce jeune homme ne veut pas seulement faire un selfie avec Jésus, il ne lui demande pas un autographe : après avoir couru vers Jésus et tombe à genoux devant Lui. Cet agenouillement nous dit quelque chose du respect qu’il a de Jésus. Il reconnaît qu’il est face à un maitre de sagesse. C’est pour cette raison qu’il demande à Jésus : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Reconnaissons que c’est une question que peu d’hommes se posent aujourd’hui.
- : l’image du cadenas à chiffres de nos valises.
- Les 10 commandements donnés par Dieu à Moïse,
- les 6 commandements majeurs que Jésus extraie aujourd’hui et
- les deux plus importants : « Aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même ». Celui qui aime Dieu et les autres va tout droit au ciel !
Aujourd’hui Jésus insiste sur ce 6 que je vous propose de parcourir :
« Ne commets pas de meurtre » : 1er des 6 commandements majeurs ! Aux adolescents, j’ai montré ce matin une diapositive sur laquelle j’ai mis deux photos : celle d’un embryon que nous étions tous avant notre naissance et les deux mains d’une personne âgée entre celles d’une personne en fin de vie. Ces deux images sont comme les deux rails de sécurités de l’autoroute qui nous délimitent jusqu’où doit aller le respect que nous devons manifester à la personne humaine : depuis sa conception dès le sein maternel jusqu’à son dernier souffle. Or aujourd’hui, on a tout fait voler en éclat ! Mais le respect de la vie, ne se limite pas à ces deux moments, il y a bien sûr le fait de ne pas tuer avec une arme blanche ou une arme à feu, mais il y a aussi le respect de la réputation et de l’intimité de la personne. Je peux tuer quelqu’un avec une photo inappropriée ou méchante que je poste sur les réseaux sociaux.
« Ne commets pas d’adultère » : Ce commandement nous rappelle que quand un amour est constitué, nous n’avons pas le droit de voler cet amour à une autre personne. Même quand quelqu’un nous attire ou nous séduit, il faut nous écarter et fuir car le risque est trop grand et nous sommes trop faible.
« Ne commets pas de vol » : vertu de l’honnêteté : car trop souvent l’un ou l’autre s’arrange avec elle. Ce qui n’est pas à nous n’est pas à nous, ce qui nous appartient, nous appartient. (Confidence du Père Michel-Marie qui à l’âge de 4 ans avait pris un bonbon dans un magasin et que sa mère a fait faire demi-tour pour le ramener). L’honnêteté vaut de l’or et cela s’enseigne.
« Ne porte pas de faux témoignage », « ne fait de tort à personne » : ces deux commandements sont très précieux car nous avons par moment facilement recours au mensonge pour sauver la face. Dans ces deux commandements, nous devons placer les médisances ou les calomnies qu’on ne rattrape jamais une fois qu’elles sont sorties de notre bouche.
« Honore ton père et ta mère » : ce commandement est valable toute notre vie, même après nos 18 ans ! En effet Dieu nous demande de traiter avec considération et respect ceux qui nous ont donné la vie, même s’ils ont des défauts ou s’ils ont mal fait leur travail, continuons à les respecter. A travers nos parents, il y aussi nos grands-parents, mais également le enseignants, les éducateurs, les arbitres ou les coachs sportifs, bref tous ceux qui nous transmettent un savoir.
Après avoir rappelé ces commandements, il y a probablement eu un certain silence dans la conversation entre le jeune homme riche et Jésus, puis cette réponse : « Maître depuis mon enfance, j’observe ces commandements ».
Il existe dans les vitraux de nos églises, sur les icônes, dans de beaux livres d’art ou sur internet de très belles photos du visage du Christ. Je ne sais pas si vous prenez parfois le temps d’accueillir ce regard d’amour de Jésus posé sur vous. Pour certains ce sera peut-être quelques secondes, quelques minutes, pour d’autres bien plus longtemps.
Dans ce regard, il y a pour moi et pour toi, la même parole de Jésus qu’au jeune homme riche avec les mêmes exigences : les fameux 3 V : vas, vends, viens. Le diacre Olivier Belleil rappelle que dans la pédagogie de Jésus, il n’y a pas de A sans B, pas de regard de Jésus sans parole d’exigence.
Probablement que nous sommes un peu tristes de la fin de cette histoire entre Jésus et ce jeune homme qui semblait pourtant avoir bien commencée. Parmi vous certains se disent que Jésus a vraiment la barre trop haute, d’autres se disent, que si ce jeune homme avait répondu par l’affirmative, il aurait peut-être été le 13e apôtre.
Ceux qui parmi vous ont des fins de mois difficiles et peu de revenus pensent qu’ils ne sont pas concernés par cette invitation de Jésus à se délester de leurs biens pour le suivre. Tout le monde n’a pas le même appel que Saint-Antoine du Désert qui a vendu tous ses biens et mis sa sœur au couvent ou comme st François d’Assise qui rendit tous ses vêtements à son père quand il fit le choix d’épouser Dame pauvreté. Mais demandons-nous s’il n’y a pas d’autres biens auxquels nous sommes attachés sont ces biens ? Quelles sont ces poches de résistance en nous ?
Cette semaine, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous aider à voir les richesses qui bloquent en moi pour les remettre au Seigneur afin qu’il m’aide à desserrer le frein à main qui m’empêche d’aller vers Lui.